lundi 31 décembre 2012

"La cinquième saison" de Philippe Delerm


La cinquième saison est le premier livre publié de Philippe Delerm (en 1983) et moi, c'est mon premier Philippe Delerm.
Vous dire que ce n'est certainement pas mon dernier serait un gros mensonge car si les ouvrages qui ont suivi sont dans le même style, je crois que ce n'est pas la peine que j'insiste.

D'un côté, ça confirme ce que je pensais : je suis hermétique à la poésie, du moins, à la prose poétique.
C'est ainsi, et j'aurai beau insister, essayer de, je ne m'y ferai jamais.
J'aime les récits clairs, les phrases qui ont un sens direct.
Bon, un petit peu de poésie par ci par là, je sais apprécier, mais un livre entier, fusse-t-il que de 150 pages, je n'y arrive pas.

La cinquième saison, c'est le récit d'un homme, instituteur, qui a perdu son amoureuse, morte dans un accident de voiture. Elle était auteur illustratrice de livres pour enfants.
L'homme n'arrive pas à faire son deuil et se met à écrire dans un cahier blanc les souvenirs qui lui viennent, de sa vie avec elle, de son enfance à lui, de son enfance à elle, souvent inventée. Il écrit aussi les souvenirs hypothétiques qu'ils auraient pu avoir, tous les deux, si elle n'était pas morte, dans une maison en Provence. Ou bien il imagine sa venue dans son école.
Les imparfaits côtoient allègrement les futurs simples et les conditionnels présents et ce joyeux mélange m'a souvent donné le mal de mer.
p.17 : "Un soir tu viendras à l'école. Les enfants ne seront pas surpris, t'accueilleront comme une grande sœur, comme une amie lointaine, un jour de pluie, dans la monotonie de l'automne des classes. Tu poseras ta cape sur un banc, tes cheveux longs mouillés diront les routes traversées, la fraîcheur des villages."

Un livre où il est beaucoup question de regrets mais où la vie quotidienne et ses petits bonheurs, quand on est l'instituteur d'une petite école dans un petit village, reprend peu à peu le dessus.
Oui, je reconnais que c'est joli, que c'est bien écrit, et que l'éloge de la vie quotidienne est un noble sujet mais pour moi, l'écriture est souvent à la limite de l'énigmatique. Et quand je ne comprends pas tout de suite le sens des phrases, je n'aime pas. Je n'arrive pas à être charmée. C'est dommage car il y a vraiment de belles images.
p. 51 :"J'ai tout le temps qu'il faut, ta mort me fait du bien. Avant, le temps me possédait : en retard sur ta vie, tout me brûlait, je te manquais. L'enfance remontait, blessure transparente. Un petit garçon maladroit, cheveux trop courts. On ne peut pas vraiment être amoureux de lui. Mais si cela lui plaît d'être amoureux, alors sa vie sera mélancolie-douceur à l'ombre bleue de celle...

   C'est lui qui l'a choisie. Tu es partie, douceur-mélancolie, la vie a gardé tes couleurs. Un peu trop pâles, un peu plus lente. Je t'ai gardée au creux d'une vallée. La brume s'y endort l'hiver, et le talent de toi, léger, s'attarde dans l'école. C'est l'heure de dessin. Les vieux pots de Danone se remplissent d'eau très claire et puis se grisent, se framboisent. Je te garde aquarelle au creux d'une maison."

D'après les critiques, j'ai pu me faire une idée de l'auteur, qui semble-t-il excelle pour dépeindre les petits bonheurs du quotidien.
Il serait bon que je lise un autre de ses ouvrages avant de dire que, définitivement, je n'aime pas, mais j'ai peur que le style soit identique à celui-ci.
Des fans de Delerm  pour me rassurer ?


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