mardi 26 avril 2016

Laissez-vous surprendre par "Nos années sauvages"...

Et appréciez, ou pas...


Comment vous parler de ce roman sans évoquer le sujet principal ?
Pas évident à première vue mais je vais le faire.
Et s'il-vous-plaît, n'allez pas lire les résumés le concernant si vous voulez être surpris tout comme je l'ai été.
Croyez-moi, évitez les résumés.

À ce titre, la quatrième de couverture est très bien faite. Elle plante le décor périphérique, s'en contente, et c'est parfait.

Dès le départ, nous apprenons que Rosemary (la narratrice), une étudiante de 22 ans, souffre de la disparition de sa sœur, survenue alors qu'elle avait 5 ans. Quand elle a 11 ans, c'est son frère aîné qui disparaît.
Les circonstances de ces disparitions sont très floues et c'est ce qui entretient le suspense.
À ce stade, je me dis que ce livre s'annonce très très bien et qu'il mérite sans doute les extraits de critiques élogieuses sélectionnés par l'éditeur pour illustrer la couverture :
"Cela fait des années que je ne me suis pas sentie autant passionnée par un livre".
"Il y a eu beaucoup de livres écrits sur l'amour et la rivalité fraternels, mais peu, j'en suis sûre, capables de vous déchirer le cœur et de vous bouleverser comme celui-ci... Préparez-vous à être enchanté et traumatisé".

La méga surprise arrive à la page 99 du livre et je ne l'ai pas du tout vu venir.
Il serait alors intéressant de relire les premières pages, au regard de ce que l'on apprend à cet instant, pour voir si, effectivement, il y avait des détails disséminés qui laissaient supposer que... "Certains d'entre vous l'auront déjà compris" écrit l'auteur.
Personnellement, je n'avais rien capté et je m'en félicite.

À partir de là, on comprend qu'on pénètre dans quelque chose d'un peu particulier, et on est séduit ou pas.
En ce qui me concerne, j'ai été partagée.

J'ai apprécié la construction de l'histoire. Les souvenirs d'enfance de Rosemary qui lui remontent peu à peu en mémoire et qui nous permettent de reconstituer l'histoire familiale petit à petit. La difficulté qu'elle a à démêler ceux qui sont réels de ceux qui sont fantasmés montrent à quel point elle a vécu un épisode traumatisant qui la fait culpabiliser encore des années après. Il y a du suspense émotionnel, comme je l'évoquais précédemment, et c'est bien conduit.
D'une manière générale, on touche ici à la souffrance enfantine, engendrée par les non-dits, dans un contexte certes bien particulier.

J'ai compris l'utilité du personnage de Harlow, une jeune étudiante légèrement déjantée qui débarque dans la vie de Rosemary et qui se substitue d'une certaine manière à la sœur manquante (Rosemary l'explique très bien) mais les conditions de la disparition de cette tornade émotionnelle à la fin du livre ne m'ont pas convaincue du tout. C'est too much à mon goût mais on est dans un roman, je sais...

Je n'ai pas compris le bien fondé dans l'histoire du personnage d'Ezra, le gardien de l'immeuble dans lequel vit Rosemary. Il est rocambolesque et ce ton-là ne cadre pas du tout avec le ton général de l'histoire. De plus, il n'apporte rien.

Concernant tout ce que je ne vous dirai pas sur le gros sujet principal de ce roman, le bouleversement annoncé par les critiques élogieuses n'a pas opéré sur moi. Je suis passée à côté, émotionnellement parlant, et pourtant, ce n'est pas faute d'être dotée d'une sensibilité à fleur de peau.

Je vous laisse vous faire votre avis. Quoi qu'on puisse en penser, cette histoire vaut le détour.

Un grand merci à Babelio et à l'éditeur, les Presses de la cité, qui m'ont fait parvenir ce roman.


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