vendredi 22 avril 2016

"Vends maison de famille", de François-Guillaume Lorrain


Ce roman est une belle surprise.
Ce livre m'a été proposé par Babelio et je reconnais que j'avais des doutes quant à l'intérêt que j'allais bien pouvoir trouver dans cette lecture... Une histoire de maison de famille... Un homme tiraillé par ses souvenirs d'enfance...

J'ai été d'emblée séduite par l'écriture de François-Guillaume Lorrain.
Beaucoup de douceur s'en dégage.
Je ne suis pas douée pour disséquer le style des écrivains, ce n'est pas mon fort du tout, mais celui-ci en a, du style.
Et ici, c'est ce qui m'a séduite, plus que l'histoire en elle-même.

Le narrateur, Guillaume, vit à Florence avec sa femme Léa. Il enseigne l'histoire.
Sa grande sœur Estelle vit elle aussi très loin de France, en Chine.
Tous deux ont fui très tôt une vie familiale oppressante, auprès de parents, et surtout d'un père, qui ne vivaient que pour Maulna, un hameau de Normandie où ils avaient acheté une maison de campagne.
De Maulna, il ne reste à Guillaume que des souvenirs de durs labeurs agricoles... Enrôlé par son père pour piocher, ratisser, planter. Tous les weekends et durant les vacances, pour entretenir ce qui fut "la grande affaire de son existence". Ses enfants étaient sa main-d'œuvre. Guillaume parle, non sans humour (enfin, ça ne le fait pas rire en fait), de "STO parental".
"Il ne s'intéressait pas à nous. Il avait des colères terribles. Il nous faisait travailler très dur." Confiera-t-il à une psy.
Le père est décédé il y a 15 ans, des suites d'un cancer. La mère a continué à faire vivre Maulna. Elle a repris le flambeau, seule mais aujourd'hui, à plus de soixante-dix ans, et après une chute, la question de l'entretien de cette maison de famille se pose de nouveau.
Guillaume voudrait qu'elle vende. Sa maman, au repos forcé, en profite pour lui concocter un petit album souvenir contenant des photos d'enfance prises à Maulna. Le fils soupçonne fortement sa mère de vouloir l'amadouer. Elle veut lui "blanchir l'esprit avec ses photos !". 
Ou tout simplement lui montrer qu'il a peut-être oublié les bons côtés de son enfance au grand air ?

Il n'y a pas de réponse à ce questionnement précis mais la décision que prend Guillaume quant à l'avenir de la maison de famille est elle claire et nette.

Plusieurs jours après la fin de cette lecture, que m'en reste-t-il en mémoire ?
La puissance évocatrice de l'écriture imagée de l'auteur.
Des clichés de vie familiale à la campagne.
Les chapitres consacrés à "l'étude" des photos par Guillaume sont des petites merveilles de douceurs instantanées pour le lecteur, même si paradoxalement le narrateur finit toujours par y retrouver des souvenirs blessants.

Une manière pour l'auteur de nous dire que, finalement, le temps fait son travail ?

Je me suis demandée quelle était la part d'autobiographie dans ce récit, qui est bien classé dans la catégorie "roman" mais qui sent bon le vécu.


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